Les lunettes de soleil près de la mer

L’océan est synonyme de liberté.

La mer, c’est l’autre pays. Quand on est sur un bateau, il n’y a ni voitures ni foule. C’est immense, mouvant. » Émouvant même. C’est bien de l’eau de mer qui semble couler dans les veines des passionnés de la mer et de l’océan. Contre vents et marées, ils cherchent une sorte d’île où accoster. Sans doute parce que les filets de pêche décorent les murs de granit des longères aux volets bleus en Bretagne nous avons déjà l’impression de naviguer lunettes de soleil au vent.

Les objets de la mer, de la brocante ?

Flotteurs en verre pour signaler, jadis, les casiers à homards. Aujourd’hui, les décorateurs les détournent en luminaire. Compas de dons daté 1900 posé sur une ancienne carte marine, voilà qui met dans l’ambiance de suite.
Le marin qui nous raconte cette histoire a acheté son premier bateau en bois, sur lequel il pêchait des bulots, du crabe et du homard au casier. Il a ensuite beaucoup récupéré par plaisir chez des pêcheurs, des anciens qui voulaient se débarrasser de leurs vieux outils et objets. Après la Seconde Guerre mondiale, les marins démontaient tous les bateaux que les Allemands avaient coulés dans le port de Saint-Malo. Certains ont gardé quelques belles pièces plus de cinquante ans, avant de les remettre à la vie. Alors, à force d’entasser et de ramasser, ce marin fini par ouvrir une brocante, histoire de partager sa passion avec d’autres. À propos de ses plus belles prises, il confie, un brin ému « Pour d’autres, c’est juste de la ferraille, pour moi, c’est un bout de la mer !  » Comme ce rarissime bougeoir de bateau daté XVIII’ que l’on piquait dans le vaigrage, revêtement intérieur d’un navire. À côté, une superbe collection d’épissoirs en bois et en os du XVIIIeme siècle. Ces outils servaient à écarter l’ensemble des fils d’un cordage, ou bout en vocabulaire marin. Dans le jardin de ce marin, des ancres marines en fer forgé ont échoué.  Lorsqu’on demande quels objets marins ont le vent en poupe la réponse est :

« les morceaux de doris » !

Ces bateaux traditionnels en bois à fond plat de six mètres de long étaient montés sur des Trois-Mâts destinés à pêcher la morue sur les bancs de Terre-Neuve. Une fois sur place, les marins les mettaient à l’eau pour pêcher les poissons. Certains naviguent encore sur les bords de la Rance et dans la région de Saint-Malo pour poser lignes et casiers. Sur des morceaux d’épaves. Très rares, les bouts de filets ont aussi la cote. Les plus vieux ont soixante ans. Ils sont en coton avec des carrelets en liège. Entreposés dans les caves, ils sont grignotés par les souris, friandes de leur goût salé ! Les avirons, les maquettes de bateaux en bois, les flotteurs sont aussi en vogue. Et, parfois, la passion de la mer se transmet. Les fils de ce marin vivent côté mer… l’un est aujourd’hui patron d’un chalutier, l’autre est mécanicien sur un  gros bateau.

Ces outils composaient le quotidien des terre neuvas à la fin du XIXeme siècle : hameçons, couteaux pour trancher la morue, deux autres à piquer pour la vider, sans oublier le grappin pour repêcher un homme à la mer. Anciennes poulies, linge de lit, Casquettes. En bois et en métal, elles servaient aux manoeuvres des voiles sur les bateaux. Épissoirs En os du XVIII’ siècle et en bois datés XX’. Poinçons qui servaient à écarter les torons d’un cordage à épisser. Ces objets évoquent l’aventure du grand large et racontent le quotidien des marins.

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